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FRANCE BÉDARD
«Québec protège les pédophiles»
LE SOLEIL - 26 JANVIER 2012
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(Québec) France Bédard n'entend pas baisser les bras et prévoit poursuivre sa bataille devant les tribunaux et contre un gouvernement qui, dit-elle, protège les violeurs d'enfants.
«J'ai été violée. Je vais le maintenir toute ma vie», lance la présidente de l'Association des victimes de prêtres au bout du fil quelques heures après avoir pris connaissance hier du jugement de la Cour supérieure, qui a rejeté sa poursuite contre l'Archevêque catholique de Québec.
Et même si elle se dit sous le choc, la femme de 64 ans a le sentiment du devoir accompli. Puisque France Bédard sait qu'elle a dit la vérité en cour, et ce, même si les avocats de la défense «se sont battus comme des chiens de ruelles pour défendre l'indéfendable. Ils m'ont questionnée comme si j'avais été demandée à être violée!» soutient-elle.
Mme Bédard affirme qu'elle a perdu en raison d'une «technicalité». Selon la prescription prévue dans le Code civil du Québec, elle disposait de trois ans, à partir de 1996 - année où elle a retrouvé l'enfant né du présumé viol -, pour présenter sa cause devant les tribunaux. Or, elle ne l'a pas fait avant 2008.
C'est ce délai, pendant lequel les victimes peuvent poursuivre au civil leur agresseur pour obtenir une compensation financière, qu'elle trouve scandaleux. «Ça enlève le droit aux victimes de dénoncer leur bourreau, affirme-t-elle. La loi n'a aucun sens, nulle part ailleurs au Canada, on tolère ça, il faut que ça change», ajoute France Bédard, qui déplore l'inaction du gouvernement québécois alors que de nombreuses provinces ont modifié leur loi pour permettre aux victimes mineures d'obtenir réparation des années après les faits reprochés.
«Les pédophiles seront protégés encore combien de temps au Québec?» demande-t-elle en s'adressant directement au premier ministre Jean Charest et au ministre de la Justice Jean-Marc Fournier.
L'ancienne auxiliaire familiale et sociale d'un CLSC de Longueuil affirme connaître une centaine de victimes qui ont été abusées par des prêtres alors qu'elles étaient enfants. Elle est persuadée que sa croisade contre le gouvernement, le clergé et les tribunaux permettra de faire avancer leur cause, et ce, en plus de la sienne. Elle rencontrera son avocat demain pour discuter de ses recours possibles. «Je ne suis pas découragée», conclut France Bédard, qui entend se battre pour les droits des victimes de pédophiles et de viol jusqu'à sa mort.
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